“Carbon Capture”, solution miracle ou miroir aux alouettes ?

Face à l’urgence climatique et à la croissance exponentielle des émissions de CO2, les techniques de séquestration sont souvent présentées comme une solution incontournable. Mais elles restent chères, gourmandes en énergie, et décrites comme une excuse pour ne pas remettre en cause la production de GES.

Une condition sine qua non pour atteindre la neutralité carbone ?

Selon l’AIE, la séquestration du carbone est une pratique incontournable sur le chemin de la neutralité carbone. L’Agence internationale de l’énergie souligne que c’est quasiment la seule manière de décarboner la production du ciment, et sans doute la plus efficace pour le fer, l’acier et l’industrie chimique. La Commission Européenne, l’UNECE et plus naturellement les leaders du secteur de l’énergie partagent également ce point de vue. Selon IFP Energies nouvelles, 100 milliards de tonnes de CO2 devront être stockés d’ici 2050 pour rester dans l’objectif d’un réchauffement de 2°C. Une ambition considérable au regard des 40 millions de tonnes par an stockées aujourd’hui.

Un argument à double tranchant

A l’inverse, un mouvement d’opposition – ou au moins de prudence – s’est développé autour des technologies de capture du CO2. Il s’articule autour d’une idée principale : développer nos capacité de séquestration du CO2 serait une invitation à ne pas lutter en premier lieu contre nos émissions… The Verge explique que les projets de captation du carbone sont principalement adossés à des usines fossiles, par exemple pour allonger leur durée de vie. One Earth précise que les technologies de séquestration sont très gourmandes en énergie. Une des usines de capture les plus efficaces au monde – Sleipner en Norvège – aurait ainsi généré 25 fois plus de CO2 qu’elle n’en a capturé…

Une multitude d’options technologiques

La récupération des émissions de CO2 des procédés industriels est une idée simple. Sa réalisation, en revanche, s’appuie sur des technologies complexes. L’AIE en distingue 7 principales. Les deux plus utilisées sont l’absorption chimique, qui s’appuie sur la réaction du CO2 avec un solvant, et la séparation physique, qui peut mettre à profit les principes d’adsorption, d’absorption, de séparation cryogénique, de déshydratation ou de compression. L’oxy-combustion, la séparation membranaire, la boucle calcium, la boucle chimique ou la séparation directe complètent la gamme de solutions.

La “carbone capture” cherche son modèle économique

La séquestration du CO2, malgré ses belles promesses, coûte encore trop cher. Selon Wood Mackenzie, 68 projets ont déjà été abandonnés faute de rentabilité. Avec un coût oscillant entre 50 et 150€ la tonne quels que soient les procédés, la capture du carbone reste plus chère que le fameux prix du carbone des “droits à polluer” européens. L’AIE note cependant un certain nombre de pistes afin de réduire les coûts sur l’ensemble de la chaîne de valeur : la maturation technologique, les économies d’échelle, la digitalisation et l’optimisation des business models.

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