Comment passer à l’échelle ?

Pour la deuxième édition du festival Building Beyond, Leonard, La Fabrique de la Cité et la Fondation VINCI pour la Cité ont réuni pendant deux semaines 70 faiseurs de villes, chercheurs, architectes, ingénieurs et artistes pour questionner les échelles des villes et penser ainsi l’avenir des territoires et des infrastructures. Le passage à l’échelle est une préoccupation majeure pour les entrepreneurs qui lancent leur activité. Julien Honnart, président-fondateur de Klaxit, a partagé son parcours et sa méthode pour passer à l’échelle au cours d’une masterclass spéciale.

Klaxit est une solution de covoiturage spécialisée dans les déplacements domicile-travail. Son modèle repose sur trois piliers : une technologie fonctionnelle, des partenariats avec de grandes entreprises et des partenariats avec des collectivités.

L’algorithme employé par Klaxit optimise les temps de trajet pour faciliter la rencontre de l’offre et de la demande. Grâce à cette technologie, il est possible de nouer des partenariats avec des entreprises pour atteindre plus rapidement une masse critique d’utilisateurs. Une formule utilisée par Klaxit sur le site de Guyancourt de Renault, qui a été son premier partenaire.

Les partenaires, marqueur de confiance et moyen de faire évoluer l’offre

La start up compte près de 200 entreprises clientes, dont un tiers est issu du CAC40. Plus que des marqueurs de confiance, les partenariats sont également l’occasion de faire évoluer l’offre proposée par la startup. Le partenariat avec la MAIF a ainsi permis de mettre en place une garantie retour : en cas d’absence de covoitureur pour le retour au domicile, une course avec Uber est prise en charge. Quant au partenariat avec la RATP, il a permis d’inclure le service sur l’application du transporteur public.

Klaxit développe aussi, en parallèle de ses partenariats corporate, des partenariats avec les collectivités pour qui le covoiturage s’avère être un potentiel « transport en commun des zones peu denses ». L’option de transport, moins onéreuse et plus flexible, s’avère en effet plus pertinente que le bus pour les franges périphériques. Les partenariats ainsi noués permettent aux collectivités de prendre en charge une partie du voyage, réduisant ainsi le coût pour le passager. Ils peuvent aller jusqu’à intégrer le covoiturage au sein de leur offre de transport ; en Ile-de-France, les trajets sont alors gratuits si le passager possède un passe Navigo.

Ces partenariats permettent une croissance forte, sans reposer uniquement sur la communication directe aux clients comme les services de covoiturage classiques.

Nouer des liens contractuels pour mieux croître

Julien Honnart insiste sur la dimension gagnant-gagnant pour les entreprises partenaires. Klaxit leur permet d’externaliser l’innovation et d’aller plus vite tout en répondant à un besoin non satisfait jusqu’ici. La capacité de réaction d’une start up et sa plus grande souplesse sont également des atouts pour une grande entreprise souhaitant atteindre rapidement ses objectifs.

Le CEO profite de son témoignage pour aussi revenir sur les erreurs commises au cours de son parcours. Il déconseille ainsi aux jeunes pousses de proposer leur produit gratuitement à leurs potentiels clients, au risque de ne pas passer dans les bons circuits de validation interne de l’entreprise : “quand personne n’a de compte à rendre en interne, on passe vite inaperçu”. Pour lui, la nécessité d’avoir un interlocuteur privilégié capable d’avoir une vision groupe est primordial. Sans ce point d’entrée stratégique, il sera bien difficile de déployer sa solution dans l’entreprise, et de faire d’un POC un partenariat florissant.