Leonard et Zacua Ventures dévoilent un nouveau rapport consacré à l’essor de la ConTech en Amérique latine

Réalisé en partenariat par Leonard, Zacua Ventures et Last Week in Contech, ce nouveau rapport cartographie plus de 250 start-up spécialisées dans les technologies de la construction à travers l’Amérique latine. Il met en lumière les raisons pour lesquelles un marché de la construction de 709 milliards de dollars — jeune, fortement urbanisé, encore peu numérisé et confronté à d’importants besoins en logements et en infrastructures — s’impose aujourd’hui comme une région stratégique pour les entrepreneurs, les investisseurs et les grands acteurs du secteur.

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Cartographier un marché à un tournant

Le secteur de la construction en Amérique latine se trouve à un point d’inflexion. La région combine l’ampleur d’un marché de la construction estimé à 709 milliards de dollars avec un ensemble de défis structurels que la technologie ne peut plus considérer comme secondaires : déficit important de logements, manque persistant d’infrastructures, chaînes d’approvisionnement fragmentées, forte informalité du travail, exclusion financière et difficultés récurrentes dans la réalisation des projets.

Le rapport The Next Construction Tech Frontier: Latin America, réalisé en partenariat par Leonard, Zacua Ventures et Last Week in Contech, propose une analyse approfondie de cet écosystème. Il examine les dynamiques du marché mondial, recense plus de 250 start-up spécialisées dans les technologies de la construction et s’appuie sur des entretiens menés auprès d’entrepreneurs, d’investisseurs, de grands groupes, d’institutions académiques et d’organisations professionnelles de toute la région.

Son principal enseignement est clair : l’Amérique latine ne se contente pas de rattraper les marchés ConTech les plus matures. Elle développe son propre modèle, façonné par des contraintes locales, une adoption massive du mobile, des processus d’achat fondés sur les relations de confiance et un besoin urgent de solutions capables de rendre la construction plus productive, plus sûre et plus durable.

Pourquoi l’Amérique latine est un marché à suivre de près

Les fondamentaux sont particulièrement favorables. L’Amérique latine compte environ 667 millions d’habitants, avec un taux d’urbanisation déjà supérieur à 80 %, qui devrait atteindre 89 % d’ici 2050. L’âge médian de la population est de 31 ans, bien inférieur à celui de l’Europe occidentale, ce qui alimente une demande durable en logements, transports, énergie, eau et infrastructures publiques.

Cette dynamique est également renforcée par des évolutions industrielles majeures. Le phénomène de nearshoring redessine la carte de la construction au Mexique à mesure que les chaînes d’approvisionnement se rapprochent des États-Unis. Au Brésil, les investissements progressent dans les secteurs de la logistique, de l’industrie, des énergies propres et du logement abordable. À l’échelle régionale, les partenariats public-privé jouent un rôle croissant dans le financement des infrastructures.

Pour autant, le marché reste complexe à adresser. Le rapport souligne que de nombreuses entreprises continuent de piloter leurs projets à l’aide d’Excel, d’appels téléphoniques ou de WhatsApp. Les chaînes d’approvisionnement demeurent peu transparentes et fortement dépendantes des relations interpersonnelles. Environ 70 % des entrepreneurs généraux et promoteurs livrent leurs projets avec retard. L’informalité de l’emploi atteint près de 40 % au Brésil et jusqu’à 60 % en Colombie et au Mexique. Par ailleurs, 122 millions de personnes dans la région n’ont toujours pas accès aux services bancaires traditionnels.

C’est précisément cet écart entre l’ampleur du marché et son niveau de numérisation qui constitue une opportunité majeure. Le problème n’est pas l’absence de demande, mais le manque de solutions adaptées à la manière dont la construction fonctionne réellement en Amérique latine.

Où émergent les opportunités

Le rapport identifie six grands domaines d’innovation dans les technologies de la construction :

  • la conception, la faisabilité et la phase pré-construction ;
  • la chaîne d’approvisionnement et les équipements ;
  • le financement ;
  • les opérations de chantier et les fonctions support ;
  • la préfabrication et la construction hors site ;
  • la durabilité.

Certaines catégories se distinguent particulièrement. Les solutions dédiées aux achats et à la gestion des approvisionnements gagnent du terrain en apportant davantage de transparence à un marché historiquement structuré autour de négociations informelles, de catalogues hors ligne et de délais de livraison peu fiables.

La finance embarquée (embedded finance) apparaît également comme un levier prometteur, notamment dans les contextes où les fournisseurs jouent déjà un rôle de prêteurs informels auprès des entrepreneurs et des petits promoteurs.

Sur les chantiers, la prochaine génération d’outils devrait être pensée dès l’origine pour le mobile et les usages WhatsApp. Plutôt que de demander aux équipes d’adopter de nouveaux systèmes complexes, les start-up développent des solutions capables de collecter photos, notes vocales, données terrain et mises à jour d’avancement via les outils déjà utilisés au quotidien. Les agents d’IA, la vision par ordinateur et l’analyse de données permettent ensuite de transformer ces informations en indicateurs de planification, de sécurité et de performance.

Le rapport souligne également l’intérêt croissant pour la préfabrication, la construction modulaire et les méthodes constructives industrialisées, particulièrement dans les marchés où la pénurie de main-d’œuvre et la demande en logements rendent les modèles traditionnels plus difficiles à déployer à grande échelle.

Enfin, si les démarches de durabilité restent encore largement motivées par les contraintes réglementaires, la conformité et la réduction des coûts, les matériaux circulaires, la gestion des déchets, l’efficacité hydrique et la construction bas carbone gagnent rapidement en importance.

Une région où l’exécution locale fait la différence

L’un des messages clés du rapport est que l’Amérique latine ne doit pas être considérée comme un marché unique.

  • Le Brésil possède un marché suffisamment vaste pour soutenir à lui seul des entreprises technologiques d’envergure et demeure l’écosystème le plus mature de la région.
  • Le Mexique bénéficie de la dynamique du nearshoring et de l’essor de la construction industrielle.
  • La Colombie oriente progressivement ses investissements vers les infrastructures urbaines et la mobilité multimodale.
  • Le Chili se distingue par la solidité de ses institutions et ses politiques d’efficacité énergétique.
  • Quant à l’Argentine, elle combine un écosystème entrepreneurial sophistiqué avec d’importants projets dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures.

Pour les entrepreneurs, cela signifie que les problématiques peuvent être similaires d’un pays à l’autre, mais que les stratégies de développement commercial doivent être adaptées à chaque contexte. Relations locales, vocabulaire métier, processus d’achat, accompagnement client et parfois même proposition de valeur : chaque marché possède ses spécificités.

Les entreprises qui réussiront seront celles capables de combiner excellence technologique, rigueur commerciale et compréhension approfondie des réalités locales.

Pour les investisseurs, l’écosystème reste encore jeune. Les financements se concentrent majoritairement sur les tours d’amorçage et les premiers stades de développement. Peu d’entreprises ConTech ont encore atteint le stade des séries B à grande échelle, et les opérations de sortie restent limitées. Mais le rapport considère cette situation non comme une limite, mais comme le signe d’un marché en phase de maturation.

Pour les grands groupes, l’opportunité est immédiate. En devenant partenaires d’expérimentation, premiers clients ou acteurs structurants des phases pilotes, ils peuvent contribuer directement à l’émergence des futurs leaders du secteur. Dans un environnement où les jeunes entreprises peinent souvent à trouver des références commerciales crédibles et où les fonctions innovation sont encore peu développées, le rôle des industriels est particulièrement déterminant.

Passer de l’analyse à l’action

L’Amérique latine n’est pas seulement un territoire prometteur pour l’innovation : elle constitue déjà un marché opérationnel important pour VINCI.

La région représente environ 4,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires, soit près de 6 % des revenus du Groupe. Les activités y sont portées par Cobra IS, VINCI Concessions, VINCI Construction et VINCI Energies, offrant une vision transverse des enjeux liés aux infrastructures, à la construction, à l’énergie et à la mobilité.

Les technologies qui émergent dans la région répondent à des problématiques locales (retards de projets, productivité, achats, sécurité, financement ou durabilité) mais elles peuvent également générer des enseignements précieux pour d’autres marchés confrontés à des défis similaires.

L’Amérique latine dispose déjà de la demande, des besoins, des talents entrepreneuriaux et d’une première base de capitaux. Ce dont elle a désormais besoin, ce sont davantage de cas d’usage à grande échelle, de capacités d’investissement renforcées, d’une vision de long terme et de partenaires industriels prêts à s’engager avant la pleine maturité du marché.

Pour Leonard et les entités de VINCI présentes dans la région, les perspectives sont claires : expérimenter des solutions répondant à des enjeux opérationnels concrets, accompagner la montée en puissance des start-up les plus prometteuses, faciliter leur accès aux marchés internationaux et contribuer au développement d’un écosystème en pleine effervescence.

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