Vers une neutralité plastique des entreprises ?

Après la neutralité carbone, le concept de neutralité plastique s’attaque à la pollution générée par les matières plastiques. Deux sociétés, Plastic Collective en Australie et Starboard en Thaïlande inventent les premiers modèles de compensation.

neutralité plastique269 000 tonnes : c’est la masse estimée* des particules de plastique qui flottent à la surface des océans. Une source de pollution colossale qui peine à susciter l’action concrète : les taux de recyclage sont de moins de 20% dans le monde, contre 80% pour les métaux ferreux et 50% pour le verre.

Alors que les industriels de l’environnement y voient une belle opportunité d’action – le marché de la valorisation des plastiques devrait passer de 31,5 milliards de dollars en 2015 à 56,8 milliards en 2025 selon Veolia** – faudra-t-il inventer une “neutralité plastique”, comme il existe une neutralité carbone ? Deux entreprises de l’hémisphère Sud revendiquent ce concept nouveau et le déclinent à la petite échelle.

Plastic Collective, entreprise sociale australienne, a lancé une certification destinée aux industriels désireux de s’engager dans une production plus responsable. Labellisés “Plastic Neutral”, ils versent une somme d’argent que Plastic Collective investit dans le traitement des déchets. Au coeur du dispositif, on trouve The Shruder, une machine développée pour broyer et recycler les déchets plastiques. Pour la somme de 19 200$, cet outil relativement léger (95kg), permet de transformer le plastique recyclé en filament ou en corde, facilement réutilisable, et ce jusque dans les îles reculées du pacifique, particulièrement touchées par cette forme de pollution.

La seconde entreprise à s’engager sur la voie de la neutralité plastique est un fabriquant de surfs installé à Bangkok. En octobre 2017, lors du forum Plasticity à Sidney, Starboard a lancé un programme destiné à identifier l’empreinte plastique des entreprises. En mettant un coût environnemental sur les plastiques utilisés en fonction de leur durée d’utilisation, de leur toxicité, et de la quantité de déchets qu’ils génèrent, le Plastic Offset Program (POP) permet de mettre un prix sur l’utilisation excessive du plastique, tout en encourageant les entreprises à moins l’utiliser ou à utiliser plus de matière recyclée.

* http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0111913

** https://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRKBN1CA1E9-OFRBS