« Barcelone : les nouveaux cycles de l’eau » : découvrez le portrait de ville de Leonard et La Fabrique de la Cité

La Fabrique de la Cité et Leonard se sont rendus à Barcelone pour une expédition urbaine consacrée à la gestion de l’eau. Entre rencontres avec des urbanistes, des historiens, des paysagistes, des économistes et des responsables publics, et visites de terrain, ce voyage d’étude a nourri un portrait de ville, qui en retrace les principaux enseignements.

Barcelone, un cas emblématique de la gestion de l’eau

Face au changement climatique, la disponibilité de l’eau devient un enjeu majeur pour les territoires, entre sécheresses prolongées et épisodes de chaleur extrême. Barcelone en offre une illustration saisissante : confrontée à des épisodes de sécheresse particulièrement sévères entre 2021 et 2024, la Catalogne a connu certaines de ses années les plus sèches jamais enregistrées. Le 8 juillet 2026, l’Observatoire Fabra a même relevé 40 °C, un record depuis le début de ses mesures en 1914. Dans ce contexte, les acteurs du territoire sont amenés à repenser leurs pratiques et à explorer de nouvelles solutions pour concilier besoins en eau, développement urbain et préservation des écosystèmes.

Découvrir le portrait

Historiquement, les barrages assuraient environ 70 % des besoins en eau de l’agglomération barcelonaise. Mais les sécheresses récentes ont mis en évidence les limites d’une dépendance aux précipitations. Le système d’approvisionnement métropolitain doit aujourd’hui répondre aux besoins de 5,5 millions d’habitants, tout en s’adaptant à une ressource devenue plus incertaine.

Premier enseignement du portrait : sécuriser l’approvisionnement ne peut plus reposer sur une seule source d’eau. La diversification des ressources devient une condition essentielle pour renforcer la résilience du territoire, en complément d’une évolution des usages et d’une meilleure intégration de l’eau dans la planification urbaine.

Diversifier les ressources et repenser les usages

Dessalement, réutilisation des eaux usées traitées… Pour sécuriser son approvisionnement, Barcelone explore de nouvelles sources d’eau. Mais ces solutions ont leurs limites, notamment en matière de consommation énergétique et d’impacts environnementaux. L’enjeu ne consiste donc pas seulement à produire davantage d’eau, mais aussi à mieux utiliser celle qui est disponible.

Cette réflexion se prolonge dans l’aménagement urbain, où l’eau retrouve progressivement sa place. Plusieurs leviers permettent de mieux absorber les pluies intenses et de préserver la ressource en période de sécheresse :

  • Désimperméabiliser les sols pour favoriser l’infiltration de l’eau.
  • Végétaliser les espaces publics pour rafraîchir la ville et limiter les effets de la chaleur.
  • Développer des dispositifs de rétention pour mieux gérer les eaux pluviales.

Intégrer l’eau au cœur de l’aménagement urbain

À Barcelone, l’eau ne se limite pas à une question d’approvisionnement. Elle devient également un élément structurant de l’aménagement urbain, à la fois pour limiter les effets des fortes chaleurs, favoriser l’infiltration et mieux prévenir les risques d’inondation.

Le portrait met notamment en lumière deux projets qui illustrent cette transformation :

  • Le projet Canòpia Urbana, sur la place des Glòries. L’ancien nœud routier est progressivement transformé en parc urbain, avec une place accrue accordée aux sols perméables, à la végétation et aux continuités écologiques. La transformation de cet espace contribue à faire de la nature un levier d’adaptation, en favorisant notamment l’ombre, la fraîcheur et l’infiltration de l’eau.
  • Le fleuve Besòs offre un autre exemple de cette approche. Longtemps marqué par l’urbanisation et les activités industrielles, il a fait l’objet d’un processus de renaturation visant à renforcer la résilience écologique du territoire. L’histoire du fleuve rappelle l’importance de cet enjeu : en 1962, une crue avait atteint un débit de 2 000 m³ par seconde, causant des centaines de morts.

Vers une gestion circulaire et collective de l’eau

Au-delà des solutions techniques, c’est toute l’approche de la gestion de l’eau qui évolue. L’objectif : passer d’une logique d’approvisionnement à un modèle circulaire, dans lequel l’eau est captée, traitée, utilisée puis réutilisée. Une manière de limiter les prélèvements dans les nappes et de réduire la dépendance aux précipitations.

Cette transition suppose aussi de repenser les règles du jeu. Plusieurs leviers peuvent contribuer à inscrire durablement la gestion de l’eau dans les stratégies territoriales :

  • La tarification de l’eau, pour encourager une utilisation plus sobre de la ressource.
  • Le partage des responsabilités, afin de clarifier le rôle de chaque acteur.
  • La coordination à l’échelle des bassins versants, pour adapter la gestion de l’eau aux réalités du territoire.

La gestion de l’eau ne repose donc pas uniquement sur les infrastructures, mais aussi sur la capacité des acteurs publics et privés à agir ensemble. C’est à cette échelle collective que se dessinent des réponses durables aux tensions sur la ressource.

Pour aller plus loin, visionner l’événement de présentation des enseignements du voyage d’étude : watch

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