En 2023, quels nouveaux horizons pour les investisseurs et les entreprises innovantes ?

À l'occasion de la clôture du Launch Day de Leonard, un débat a réuni Pierre Coppey et Clara Audry autour des grands enjeux auxquels les start-up devront faire face en 2023.

Le 11 janvier dernier, Leonard présentait les 45 startups sélectionnées pour rejoindre les quatre programmes d’accélération et d’accompagnement en 2023. En clôture de la journée, Clara Audry, vice-présidente de France Digitale et partner chez Jolt Capital, un fonds d’investissement spécialisé dans les entreprises technologiques responsables, était invitée à débattre avec Pierre Coppey, directeur général adjoint de VINCI et président de VINCI Autoroutes. Ils livraient aux lauréats leurs observations sur les tendances du marché de l’innovation et les transformations des modes de financement des nouveaux projets. Constat partagé : les investissements dans les start-up tournées vers les enjeux environnementaux et climatiques tirent leur épingle de la crise du financement.

De la digitalisation à la décarbonation

Après un cycle de très forte croissance des entreprises du numérique, marqué par l’émergence de nombreuses licornes, « le digital est entré dans une phase d’atterrissage. Aujourd’hui, l’accent est mis sur les livrables plutôt que la valorisation des start-up », commente Pierre Coppey.

En période post crise sanitaire, les enjeux de souveraineté, de résilience, de sobriété et de relocalisation occupent désormais le devant de la scène. « Après une digitalisation massive, nous assistons à une décarbonation massive » pointe Clara Aubry. Pour autant, dans ce contexte, la part du numérique reste forte, comme les logiciels conçus pour calculer l’empreinte carbone des activités économiques. « Chez Jolt, nous investissons à la fois sur les solutions softwares et hardwares. La transition en cours ne pourra pas se faire sans les deux. » explique Clara Audry.

Le virage vers la climate tech

Autre évolution notable, l’impact et la performance ne sont aujourd’hui plus opposables car les sociétés les plus performantes sont celles qui cherchent à répondre à l’urgence climatique. Ce qui va changer en revanche, c’est le montant des capitaux alloués à la transition environnementale. « Il y a tout une génération d’entrepreneurs qui souhaite s’attaquer à cet enjeu et des investisseurs institutionnels qui poussent dans cette direction. C’est tellement majeur que ces actifs vont être mécaniquement valorisés », note Clara Audry. Tout indique que demain, la fusion nucléaire, l’énergie solaire, les nouveaux matériaux seront ainsi des secteurs en forte croissance.

Les start-up de la Climate Tech captent d’ailleurs de plus en plus l’attention des investisseurs. « En 2019, c’était 8% du total des fonds investis en venture dans le monde. Aujourd’hui, c’est 15% », précise Clara Aubry. Les solutions pour la décarbonation de l’économie et pour la réduction plus globale de l’empreinte environnementale prennent incontestablement de l’ampleur. De quoi susciter des vocations parmi les entrepreneurs !

Le rôle clé de l’État

Tous ces investissements sont soutenus par des États qui se montrent volontiers volontaristes en matière d’accompagnement de solutions industrielles innovantes. « Dans la période récente, l’État a créé des conditions fiscales qui sont plus favorables au business qu’elles ne l’ont jamais été en France. Et au fond, c’est probablement ce qui peut être fait de plus structurant en faveur de l’industrie », commente Pierre Coppey.

De fait, l’action de l’État a permis d’injecter des milliards d’euros dans l’amorçage des nouvelles entreprises. Via la BPI, il a financé environ 40% des fonds destinés aux sociétés early stage. « L’État est aujourd’hui le premier venture capital français. Avec des écoles d’ingénieurs de haut niveau qui forment les talents de demain, nous avons désormais un magnifique terrain pour entreprendre en France », conclut Clara Audry.

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