HyLight lève 13 millions d’euros pour industrialiser ses dirigeables autonomes dédiés à l’inspection des infrastructures critiques européennes

Accompagnée par Leonard dans le cadre de son programme d’accélération SEED en 2025, la start-up française HyLight franchit une nouvelle étape de son développement en levant 13 millions d’euros auprès de Rubio Impact Ventures, DRW et Teampact Ventures, rejoints par ses investisseurs historiques Y Combinator et Ring Capital. Après avoir inspecté des milliers de kilomètres en France et en Europe, l’entreprise entend accélérer l’industrialisation de sa flotte de dirigeables autonomes et renforcer ses capacités d’analyse par l’intelligence artificielle.

Fondée en 2022 et basée à Brétigny-sur-Orge, HyLight développe une solution d’inspection aérienne des infrastructures critiques à l’aide de dirigeables autonomes propulsés à l’hydrogène. Avec plus de 750 heures de vol à son actif et cinq clients majeurs (Enedis, NaTran, Téréga, SNCF Réseau et VINCI) la start-up remplace déjà certaines missions d’hélicoptère auprès de grands opérateurs d’infrastructures.

Une alternative aux hélicoptères pour l’inspection des infrastructures

Les besoins d’inspection des lignes électriques, des gazoducs, des pipelines et des voies ferrées augmentent sous l’effet du changement climatique, du renforcement des réglementations et des risques de sécurité. Pourtant, les hélicoptères restent la principale solution utilisée pour surveiller ces réseaux, malgré leurs coûts élevés, leurs émissions de CO₂, leur niveau sonore et leur disponibilité limitée.

Les alternatives existantes présentent également des limites : les drones manquent d’autonomie, les satellites de précision et les capteurs au sol ne permettent qu’une couverture localisée.

Pour répondre à ces enjeux, HyLight a développé le HyLighter, un dirigeable autonome de 12 mètres de long, propulsé électriquement à l’hydrogène. Sans émission directe et avec un niveau sonore très faible, il peut voler jusqu’à 10 heures et parcourir une distance cible de 350 kilomètres. Il embarque jusqu’à 10 kg de capteurs, notamment des LiDAR, des caméras et des détecteurs de méthane, afin de collecter des données de haute précision sur les infrastructures inspectées.

Le dirigeable autonome HyLighter en vol au-dessus de la Charente-Maritime.
Le dirigeable autonome HyLighter survolant la Charente-Maritime. Source : HyLight

La technologie permet notamment de surveiller l’intégrité des réseaux, de détecter des défauts et d’identifier des fuites de méthane. Autorisé par la Direction générale de l’aviation civile (DGAC) et l’Agence de l’Union européenne pour la sécurité aérienne (EASA), le HyLighter peut voler hors de vue du télépilote au-dessus d’infrastructures critiques, dans des environnements ruraux, périurbains et urbains.

HyLight a ainsi franchi une première étape vers le remplacement opérationnel des hélicoptères.

Pour Martin Bocken, cofondateur et CEO de HyLight, l’enjeu est de proposer une nouvelle manière d’inspecter ces infrastructures :

« La plupart des lignes électriques sont encore inspectées par hélicoptère, comme elles l’étaient il y a cinquante ans. Nos HyLighters font déjà le même travail, avec davantage de précision et moins de risques. »

Photo des trois fondateurs de HyLight avec  : Martin Bocken, Thomas Laporte et Josef Rokusek
Les trois fondateurs de HyLight avec de gauche à droite : Martin Bocken, Thomas Laporte et Josef Rokusek. Source : HyLight

De l’inspection aérienne à l’intelligence des infrastructures

Au-delà de la collecte de données, HyLight développe des outils d’analyse reposant sur l’intelligence artificielle afin de transformer les informations recueillies en vol en données directement exploitables par les équipes de maintenance.

Sa technologie permet d’identifier et de géolocaliser automatiquement plus de 50 types de défauts, ainsi que les risques liés à la végétation sur les réseaux électriques. Les milliers d’images collectées sont ainsi transformées en informations précises, destinées à faciliter la surveillance des infrastructures et l’identification des anomalies.

À mesure que les vols se multiplieront, ces données pourront alimenter un jumeau numérique continuellement enrichi des infrastructures et des territoires couverts par HyLight. L’entreprise envisage également de futurs usages dans des secteurs comme l’assurance, l’agriculture et la gestion publique des territoires.

Cette approche doit permettre de faire évoluer l’inspection aérienne vers une meilleure connaissance des réseaux et de leur état. En combinant aéronefs autonomes, capteurs et intelligence artificielle, HyLight entend développer une nouvelle infrastructure de données au service de la surveillance et de la protection des réseaux critiques.

Des collaborations avec les entités de VINCI pour tester la technologie sur le terrain

Dans le cadre de son accompagnement par SEED, le programme de Leonard dédié aux start-up en phase d’amorçage, HyLight a pu confronter sa technologie à des cas d’usage concrets aux côtés de plusieurs entités du groupe VINCI.

La start-up a notamment collaboré avec Omexom Atlantique Ingénierie pour la surveillance et l’inspection d’infrastructures énergétiques critiques, ainsi qu’avec LISEA (VINCI Railways) pour une opération d’inspection de la LGV Sud Europe Atlantique (SEA), permettant d’inspecter 50 kilomètres de ligne en seulement trois heures, tout en réalisant simultanément une collecte de données photo et LiDAR..

Ces deux collaborations ont permis de tester la solution dans des contextes opérationnels liés à la surveillance d’infrastructures critiques.

À découvrir : le retour d’expérience d’HyLight et de Omexom Atlantique Ingénierie

Pour mieux comprendre les enjeux auxquels répond la start-up, retrouvez notre vidéo réalisée avec les équipes de HyLight et de Omexom Atlantique Ingénierie.

REGARDER VIDÉO HYLIGHT X OMEXOM

Une levée de fonds pour accélérer l’industrialisation et le déploiement en Europe

Cette levée de fonds de 13 millions d’euros doit permettre à HyLight de franchir une nouvelle étape dans son développement industriel et commercial.

L’entreprise dispose désormais d’un nouveau site de production opérationnel et poursuit l’internalisation de la fabrication de composants stratégiques. Elle prévoit de faire passer sa flotte de 4 à 15 HyLighters opérés simultanément en 2027, afin d’augmenter ses capacités d’inspection.

Le financement doit également soutenir le recrutement de 50 collaborateurs dans plusieurs domaines : ingénierie, intelligence artificielle et data, opérations, affaires réglementaires et développement commercial. HyLight prévoit par ailleurs d’accélérer son expansion commerciale en Europe, avec l’Allemagne et les Pays-Bas comme marchés prioritaires.

En développant une solution qui transforme l’inspection des infrastructures critiques tout en réduisant les émissions directes et les nuisances liées aux missions aériennes, HyLight illustre les innovations que Leonard et le groupe VINCI s’attachent à accompagner. Une ambition commune : faire émerger les solutions qui contribueront à rendre les infrastructures de demain plus sûres et plus résilientes. 

Partager l'article sur