[Compte-rendu] La biodiversité, grande oubliée de la crise environnementale ?

Cette année, le festival Building Beyond explorait le thème du visible et de l’invisible dans les villes et les territoires. Parmi les enjeux abordés, celui de la protection de la biodiversité dans les villes et les territoires. Un enjeu moins visible que la lutte contre le dérèglement climatique mais tout aussi crucial pour l’avenir des écosystèmes.

La biodiversité, maillon essentiel des écosystèmes

Les rapports qui se succèdent le confirment tous : la richesse de la biodiversité est essentielle pour assurer le bon fonctionnement des écosystèmes. La destruction d’une seule espèce peut fragiliser tout un ensemble d’autres êtres vivants qui dépendent d’elle. La biodiversité est également le témoin de l’évolution et possède une valeur esthétique remarquable. Enfin, elle occupe une place clé dans le bon fonctionnement des sociétés humaines, ce que l’on nomme parfois les « services écosystémiques » : pollinisation, production d’oxygène, équilibre climatique, épuration des eaux, gestion des crues. Pour toutes ces raisons, il apparaît essentielle de mieux protéger la biodiversité, voire d’aider à sa régénération lorsque cela est possible.  

Allier infrastructures humaines et solutions fondées sur la nature

En préambule de l’événement « Une menace fantôme – Les littoraux face à la montée des niveaux marins » Françoise Gaill, directrice de recherche émérite au CNRS et vice-présidente de la plateforme Océan et Climat a présenté le  lien entre la montée des niveaux marins et la destruction de la biodiversité. L’élévation du niveau de la mer représente en effet une menace importante pour les espèces vivant sur les littoraux touchés par la submersion et l’érosion des côtes. En cause ? La destruction des zones habitables ainsi que la contamination des eaux douces par l’eau salée. Pour Raphaël Cuvelier, vice-président de la plateforme Océan & Climat l’enjeu consiste à réussir à concilier protection de la biodiversité avec l’adaptation des sociétés humaines situées dans les zones côtières, en alliant finement infrastructures humaines (surélévation du bâti) et solutions fondées sur la nature (renforcement des systèmes de mangroves et des systèmes coraliens).  

Une préoccupation à laquelle fait écho la table-ronde : « Le temps du projet, le temps de la biodiversité » organisé par le lab recherche environnementQuatre témoignages ont présenté les principales stratégies de préservation de la biodiversité lors de la construction de nouvelles infrastructures. Papa Samba Dramé (VINCI Construction) a détaillé les mesures mises en œuvre dans le cadre du projet High Speed 2 (HS2), une ligne à grande vitesse reliant Londres et Birmingham (Royaume-Uni). L’objectif fixé pour le projet ? Construire une infrastructure visant le zéro perte nette de biodiversité. La protection du grand hamster d’Alsace dans le cadre du projet de Contournement Ouest de Strasbourg a également été au centre des échanges entre Philippe Ravache (VINCI Construction), Caroline Habold, chercheuse à l’Institut Pluridisciplinaire Hubert-Curien du CNRS et Hélène Barbé, ingénieure d’études à AgroParisTech. Des mesures directes, comme la réintroduction de hamsters élevés en captivité ou des recherche sur le changement des pratiques agricoles pour les rendre plus favorables aux hamsters sont notamment menées.  

Construire de nouveaux imaginaires en passant par une approche sensible

La protection de la biodiversité passe aussi par le changement de regard et d’imaginaires. Les artistes sont particulièrement bien placés pour y contribuer. Antoine Bertin est compositeur et designer sonore. Dans sa conférence sonore immersive intitulé : « Sound of science : immersion au coeur du vivant », il a essayé de démontrer comment l’écoute des sons captés au sein d’écosystèmes tels que les forêts, les océans ou les villes permet d’accéder à des couches de connaissances, de sensations ou d’informations qui échappent la plupart du temps aux autres sens comme la vue. Une préoccupation à laquelle répond son œuvre, “Contrepoint d’espèces » dont le sujet est de rendre perceptible le lien de parenté génétique entre végétaux et humains et qui était exposée pendant le festival. 

©Nicolas Vercellino pour Leonard

Si l’érosion accélérée de la biodiversité appelle à des mesures de protection et de régénération immédiates, la fresquiste Nadège Dauvergne, invitée du festival, rappelle que le vivant à également des ressources cachées pour s’adapter, à l’image du couple de faucons dont elle imagine qu’ils puissent nicher dans une façade d’immeuble. 

©Nicolas Vercellino pour Leonard

Que faisons-nous ?

Pour relever le défi de la transformation des territoires et des modes de vie, le groupe VINCI a créé Leonard. Notre objectif ? Fédérer une communauté d'acteurs pour construire ensemble la ville de demain.