La construction modulaire relancée par les avancées technologiques

Longtemps perçue comme bon marché et de qualité médiocre, la construction modulaire est désormais désignée comme une solution de premier plan, et de plus en plus d’acteurs, comme l’hôtelier Marriott International, parient sur ce processus pour la mise en place de projets d’envergure (Construction Dive).

La construction modulaire, qui désigne une organisation de la construction consistant à préfabriquer, assembler et équiper en atelier, plutôt que sur le site de destination du bâti, profite du développement de technologies telles que la robotique avancée (Curbed), le BIM ou encore l’impression 3D. Si ces avancées ouvrent la voie à de nouveaux acteurs et de nouveaux usages, de nombreux défis doivent encore être relevés.

Une solution écoresponsable ?

L’argument historique en faveur de la construction modulaire concerne les délais et les coûts de production, qui pourraient être réduits de 50% et 20%, respectivement (Hive). Aujourd’hui, un nouvel argument est avancé par ses prescripteurs : la construction modulaire produit moins de déchets, réduisant ainsi l’empreinte carbone associée au processus de construction, et permet la conception de bâtiments nécessitant un minimum de ressources (CNN). Couplée à la technologie de l’impression 3D, qui utilise moins de matériaux pour fabriquer des composants structurels que les techniques de mise en forme exploitées jusqu’à présent, la construction modulaire promet d’être plus sobre, adaptée aux exigences environnementales d’aujourd’hui (Engineering.com).

Un secteur investi par les géants de la tech

Par ailleurs, le recours à des modules préfabriqués permet une intégration plus rapide et plus fluide des outils et systèmes intelligents (MultiFamily Executive). Un avantage qui incite de plus en plus les géants de la tech à se tourner vers la construction pour proposer leurs propres solutions. Dans la Silicon Valley, où les prix de l’immobilier flambent, Alphabet met déjà à disposition de ses employés des logements modulaires, à prix abordables (CNBC). Amazon, de son côté, propose à ses clients d’acheter et de se faire livrer une maison préfabriquée directement depuis la plateforme (Futurism). A terme, ces grandes entreprises pourraient même imaginer la construction de bâtiments modulaires intelligents, fonctionnant à partir de logiciels propriétaires (Construction Dive).

Un processus à perfectionner pour permettre un développement massif

Cependant, de nombreux défis doivent encore être relevés par le secteur pour que la construction modulaire soit à la hauteur de ses promesses. Les éléments préfabriqués étant difficilement modifiables une fois sortis d’usine, il est primordial que ce mode de construction soit pensé dans sa globalité, et ce dès le départ du projet (Forbes). Une dimension collaborative forte sans laquelle les projets d’envergure prennent le risque de ne pas voir le jour, comme ce fut le cas à New York en 2014 (6sqft.com). L’engagement précoce des clients et des concepteurs, l’optimisation de la chaîne d’approvisionnement ou encore l’adoption du BIM dans toutes les phases de l’élaboration des bâtiments doivent alors faire l’objet d’une attention particulière pour les professionnels du secteur (BIM Today). Par ailleurs, si certains éléments sont imprimés en 3D, un contrôle qualité renforcé, via un système de surveillance et d’inspection des outils et matériaux utilisés, devra être mis en place (ET Tech). Autant d’obstacles qui freinent encore le développement massif de cette solution dans le secteur et qui poussent ses promoteurs, à l’image de la London Assembly, à exiger que les autorités compétentes établissent un cadre juridique et des standards de conception pour encourager le recours à la construction modulaire (Mayor of London).

Qui sommes-nous ?

Pour relever le défi de la transformation des territoires et des modes de vie, le groupe VINCI a créé Leonard. Notre objectif ? Fédérer une communauté d'acteurs pour construire ensemble la ville de demain.