La course pour le contrôle du marché des logiciels de gestion de chantier s’accélère !

L’actualité du mois dernier a été marquée par le plus gros investissement jamais réalisé par Autodesk dans son histoire, avec l’acquisition de PlanGrid, implanté à San Francisco, pour la rondelette somme de 875 millions de dollars. D’après l’article de Fortune, PlanGrid a levé à date 69 millions de dollars de la part d’entreprises comme Sequoia Capital, Northgate Capital, GV (anciennement Google Ventures), et des investisseurs individuels comme Ron Conway ou David Sacks.
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L’équipe de PlanGrid dans leurs locaux.

La startup PlanGrid, lancée en 2011 à San Francisco, propose une solution de plateforme collaborative en ligne de documents de construction qui permet le partage instantané de plans, de marges, de rapports et de photos à l’ensemble des membres d’un projet de construction. La plateforme donne ainsi aux contracteurs et aux architectes la possibilité de collaborer, depuis leur ordinateur ou terminaux mobiles, sur tous leurs documents de planification et autres checklists.

Cette acquisition est en adéquation avec la vision du CEO d’Autodesk, Andrew Anagnost, qui a pris la direction de la firme en juin 2017. Dans une interview au magazine Fortune réalisée il y a quelques mois, Anagnost affirme : “Nous voulons apporter les méthodes industrielles dans le secteur de la construction. Nous voyons que le marché de la construction va dans la même direction que celle prise par le marché de l’automobile ou celui de l’aéronautique quelques années auparavant. Demain, nous construirons un bâtiment comme on construit un avion.”

Avec l’acquisition de PlanGrid, Autodesk est sur le point de combler le fossé entre son logiciel de BIM (Building Information Modeling), qui se focalisait surtout sur l’étape de la conception du projet de construction (à l’image d’un Autocad ou d’un Revit), et l’étape du chantier.

En réaction à cet investissement majeur, Procore Technologies, l’un des concurrents de PlanGrid, a été réévalué à 3 milliards de dollars, notamment grâce à une levée de fonds de 75 millions de dollars menée par Tiger Global Management. Techcrunch souligne l’intérêt pour Procore Technologies d’intégrer le nouvel investissement de Tiger Global pour se consolider, au vu de l’avantage compétitif obtenu par PlanGrid sur le marché suite à son rapprochement avec un mastodonte du développement logiciel pour l’industrie de la construction, de l’architecture et du design, valorisé à 30 milliards de dollars.

Tooey Courtemanche, fondateur et PDG de Procore, photographié devant le siège social à Carpinteria, CA, 9/7/18.

Un outil Français pour transformer les plans en plateformes collaboratives

La startup parisienne FINALCAD a aussi été au coeur de l’actualité cette semaine, avec la conclusion d’un tour de table de 40 millions d’euros mené par Draper Esprit basé à Dublin, avec la participation, entre autres, de Salesforce Ventures, Cathay Innovation et Aster Capital.

FINALCAD a été créé en 2011 à Paris avec un objectif : mieux gérer les chantiers de construction en numérisant les plans pour en faire de véritables plateformes collaboratives en ligne. Comme décrit dans l’article de VentureBeat, le principal objectif de l’outil de FINALCAD est de “créer des ponts entre les contremaîtres, les ingénieurs chantier, les architectes, et tous les autres acteurs investis dans un projet, pour faciliter le dialogue sur la conception des plans, les tâches de chacun, les procédures de sécurité, et la progression du chantier”. En huit années, FINALCAD a aidé plus de 10 000 projets dans près de 10 pays.

Jimmy Louchart, Joffroy Louchart et David Vauthrin, les confondateurs de FINALCAD

Les caractéristiques et la proposition de valeur de PlanGrid, Procore Technologies et FINALCAD sont finalement assez similaires. Toutefois, PlanGrid aura à présent le net avantage d’être lié à fabriquant de logiciels, comme Autocad et Revit, par ailleurs largement utilisés par les designers, les architectes comme les constructeurs.

Procore Technologies et FINALCAD devront consolider un portefeuille de fonctionnalités uniques pour continuer de sortir du lot. Ce besoin de différenciation pourrait même créer une ouverture pour l’arrivée de startups plus spécialisées sur le développement de fonctionnalités indépendantes, avec pour objectif final leur intégration sur l’une des trois plateformes.

Cette transition réussie du statut de développeur à celui d’intégrateur de fonctionnalités sera une étape décisive pour ces compagnies encore en croissance.