Le véhicule autonome aura-t-il raison du stationnement en ville ?

La voiture autonome sera l'architecte de la ville de demain. Feux tricolores, panneaux de signalisation, organisation des voies de circulation : une transformation radicale de l’infrastructure urbaine s’annonce.

Cette dernière est porteuse de nombreuses promesses, dont celle de libérer considérablement l’espace public. Car en bousculant nos usages, la voiture autonome pourrait bien rendre certains équipements obsolètes.

De l’utilité des parkings

Aux États-Unis, l’université du Wisconsin fait face à une pénurie de places de stationnement sur son campus. Cette situation met la direction devant un dilemme : doit-elle s’engager dans un coûteux projet d’aménagement de nouveaux espaces de stationnement alors que la voiture autonome promet, à moyen-terme, de rendre les parkings inutiles ? Les véhicules autonomes étant destinés à être majoritairement partagés, leur développement pourrait aller de pair avec le déclin de la possession de véhicules individuels. Alors que ceux-ci passent aujourd’hui 90% du temps en stationnement, les véhicules autonomes partagés circuleront en permanence pour récupérer de nouveaux voyageurs, diminuant ainsi drastiquement le besoin en places de parking. A terme, certaines analyses prévoient même, à circulation identique, une diminution de 90% du nombre de véhicules dans les villes. Que deviendront alors les parkings ? Seront-ils tous remplacés par des espaces verts ou des aires de jeux, comme à San Francisco ?

Le futur sera smart…

Dans ce contexte, les aménageurs et opérateurs de parkings n’ont pas dit leur dernier mot et s’adaptent à ces transformations en continuant d’innover. Plusieurs entreprises testent déjà des espaces de parking intelligents au sein d’infrastructures existantes : les véhicules pourront s’y garer seuls, une fois leurs passagers déposés. C’est l’objet d’un partenariat de co-innovation conclu entre Valeo et Cisco, dont le “Cyber Valet” sait guider le véhicule autonome jusqu’à sa place de stationnement. Une d’expérimentation a également été lancée par VINCI Airports sur le site de Lyon-Saint Exupéry, en partenariat avec la start up française Stanley Robotics : un robot-voiturier se charge de garer les voitures avec, à la clé, un gain de place de l’ordre de 50% sur les parkings. Le parking de demain sera d’ailleurs un parking mutualisé, c’est-à-dire un lieu privé dont les espaces de stationnement seront ouverts au public, sur le modèle de ce que va expérimenter la ville de Nantes avec son projet Îlink.

… et flexible

Les architectes d’aujourd’hui l’ont bien compris : on ne peut plus concevoir les parkings comme avant. Si les projets de construction d’immeubles d’habitation incluent toujours des places de stationnement pour les voitures individuelles, les espaces dédiés sont pensés pour être facilement convertibles. En plus de la réversibilité, la multifonctionnalité s’impose peu à peu aux acteurs du secteur. Indigo envisage ainsi que ses parkings puissent offrir des infrastructures de chargement électriques, ou même un service de drive de produits frais ! En somme, voici venu le temps du parking modulable, dont l’utilité sera étroitement liée aux nouveaux usages de la mobilité.

Qui sommes-nous ?

Pour relever le défi de la transformation des territoires et des modes de vie, le groupe VINCI a créé Leonard. Notre objectif ? Fédérer une communauté d'acteurs pour construire ensemble la ville de demain.