Les engins de chantier passent au vert

Les engins de chantier suivent un mouvement global : réduire les émissions de gaz à effet de serre et la pollution. Pour cela, ils s'appuient à la fois sur des innovations techniques et d’usage.

Les engins de chantier passent au vert

Le Gazole Non Routier (GNR) bénéficiait jusqu’à aujourd’hui d’une fiscalité avantageuse. Brandissant l’argument écologique, l’Assemblée Nationale a voté le 18 octobre dernier la suppression de cette taxation réduite. Avec peu d’alternatives viables au gazole et une augmentation des coûts de chantier de l’ordre de 500 millions d’euros, la Fédération Nationale des Travaux Publics dénonce la brutalité de la mesure. Cependant, si les professionnels du bâtiment critiquent la manière, tous multiplient les efforts pour réduire la consommation et l’impact écologique de leurs engins.

Des machines moins gourmandes

À l’image du monde automobile, en train d’opérer un virage écologique, le BTP tente de réduire les émissions de ses engins. Motoristes et constructeurs se mettent au diapason et adaptent leurs machines. Volvo Penta a ainsi dévoilé des moteurs Stage V pour devancer les nouveaux standards européens qui entreront en vigueur en 2019. Equipés du système de post-traitement des gaz d’échappement EATS, ils permettent de réduire les émissions, tout en limitant la complexité du moteur. Côté hybrides, l’offre prend également de l’ampleur. Komatsu est un des premiers fabricants à s’être intéressé au sujet en proposant dès 2008 la pelle de 22 tonnes HB215. Alexis Mülhoff, de Komatsu France, explique l’attrait des engins hybrides par l’intérêt écologique mais également économique. “Une pelle hybride est entre 8 à 10% plus chère mais est rentabilisée en deux ans”, peut on lire dans Cayola Construction. Anticipant l’interdiction de certaines zones urbaines aux véhicules diesel, des constructeurs comme Manitou testent également des solutions entièrement électriques.

Des économies d’usage

Au-delà des moteurs, la réduction des émissions peut passer par toute une série de bonnes pratiques, soutenues ou non par l’innovation technologique. Les logiciels de gestion de flottes et la géolocalisation des machines permettent ainsi d’optimiser les trajets et de réaliser des économies d’énergie. Du grand groupe, tel que Verizon Connect, à la petite startup Gyzmo Technology, l’heure est au tracking et à l’optimisation.

A l’instar des voitures récentes, les systèmes d’arrêt automatique des moteurs permettent également de réduire les émissions. Une option mise en place par Volvo Construction Equipment, qui coupe un moteur au ralenti au bout de 4 minutes.

Sans nécessiter d’apport technologique, un ensemble de mesures permet de limiter la pollution. Publié en 2017, le rapport de l’ADEME sur la qualité de l’air et les émissions polluantes des chantiers du BTP livre quelques pistes d’actions à entreprendre. Outre l’utilisation de véhicules électriques ou la limitation du fonctionnement en régime ralenti, déjà évoqués, le rapport recommande la limitation de vitesse (imposée à 25 km/h à San Francisco) qui permet de réduire la production de poussière et de polluants. Le rapport invite également à la généralisation des “contrôles techniques” pour optimiser le fonctionnement des machines.