Radar – notre sélection de business innovants #16

Commonwealth Fusion Systems lève 84 millions de dollars et veut faire de la fusion nucléaire la nouvelle source d’énergie propre

Alors que nous éprouvons déjà les conséquences sur les populations et les écosystèmes du réchauffement climatique (qui a atteint 1°C au-dessus des niveaux préindustriels selon le GIEC), le nucléaire connaît un regain d’intérêt soutenu notamment par l’arrivée sur ce marché de nouveaux acteurs privés. Commonwealth Fusion Systems (CFS), une initiative conduite dans un premier temps au MIT, vient par exemple de lever 84 millions de dollars en série A. Avec ce tour de table, son financement total s’élève désormais à près de 200 millions de dollars depuis 2018 selon les données de Crunchbase (avec notamment des investisseurs tels que Temasek, Equinor, Breakthrough Energy Ventures et ENI Next LLC).

Concrètement, l’entreprise souhaite améliorer la génération actuelle de réacteurs de fusion nucléaire afin d’offrir aux industriels une source d’énergie propre dans les dix prochaines années. CFS utilise pour cela un aimant supraconducteur de grande puissance qui crée les conditions nécessaires pour soutenir une réaction de fusion nucléaire. Cette technologie est « une énergie totalement propre et susceptible de changer la donne », selon la directrice technique Sophie Hildebrand.

Les scientifiques tentent de maîtriser l’énergie de fusion nucléaire depuis les années 80 avec le projet ITER (International Thermonuclear Experimental Reactor) né de la collaboration entre les États-Unis, l’URSS, certains pays européens et le Japon. Si les réacteurs ITER devraient être opérationnels d’ici 2025, des initiatives privées comme CFS fleurissent et visent la même échéance. Dans un contexte qui voit l’urgence climatique et écologique s’imposer comme l’un des thèmes structurants de la décennie à venir, la fusion nucléaire ouvre ainsi des perspectives (voir le rapport de  Leonard sur ce sujet, paru en mars 2020). De nouveaux acteurs réalisent ainsi des tours de tables prometteurs. Parmi eux, la start-up britannique First light fusion (23,7 millions de livres sterling levées) ou la société canadienne General Fusion (192 millions de dollars).

La startup allemande Schüttflix lève €8 millions avec sa plateforme de matériaux de chantier à la demande

La startup Schüttflix, qui développe une marketplace de B2B à destination des professionnels de la construction, vient de boucler une première levée de fonds 8 millions d’euros. Son service, comparable à celui de Amazon Business, propose aux constructeurs de commander des matériaux (comme du sable ou du gravier..) directement depuis son app.

La start-up fonctionne comme une marketplace où les différents vendeurs sont classés par prix et promet de livrer ses clients en 4 heures (dans sa région d’origine, au nord de la Westphalie). Fondée en 2019, l’entreprise réalise déjà 500 000 € de chiffre d’affaires mensuel et est présente dans 3 länder en Allemagne. Sa levée de fonds va lui permettre d’y tester et d’y renforcer son modèle avant de s’étendre en Europe en 2021.

Selon les chiffres de l’entreprise, le marché des matériaux de construction s’élève à 50 millions d’euros rien que pour Allemagne. Et même si le marché est encore très fragmenté et n’a pas encore réussi à digitaliser son offre, l’exemple des États-Unis est prometteur. Aux U.S.A, le marché de la livraison à la demande de matériaux de construction pour les professionnels est ainsi déjà mature avec des acteurs comme Supply Hound, TommyRun ou Amazon Business, que nous évoquions plus haut. Sur le même modèle, l’offre commence à se structurer en Europe.

La startup Vizcab lève 1,6 M€ pour accélérer la maîtrise de l’impact carbone de la construction.

Vizcab vient de lever 1,6 million d’euros auprès de la Banque des Territoires et d’A/O Proptech. La startup, l’une des premières entreprises accompagnées dans le cadre du programme CATALYST de Leonard, qui encourage les partenariats avec des entités opérationnelles du groupe VINCI, veut encourager la construction de projets bas-carbone en offrant une solution permettant de calculer l’impact carbone prévisionnel des projets de construction. Une vidéo de présentation en explique le fonctionnement sur YouTube.

D’après Aurore Labed, Marketing & Communications Manager, “Vizcab est un outil d’aide à la décision qui permet de bâtir des stratégies carbone ambitieuses dès les phases amont du projet. Il permet par exemple de modéliser l’impact des différentes phases pour s’assurer que l’on reste dans les critères E+C-. L’outil fonctionne comme une matrice, une table de mixage, sur laquelle on peut tester différents scénarios. Et donc anticiper l’impact carbone du projet de sa programmation à sa livraison pour mieux le maîtriser.”

Dans un contexte où  le secteur du bâtiment représente près de 30 % de toutes les émissions de CO2, ce genre de solutions est amenée à se démocratiser. La RT2012 avait  infléchi les normes en matière de constructions neuves, favorisant ainsi le respect d’un cahier des charges très précis en terme d’impact environnemental, notamment sur le volet énergétique. Plus particulièrement concentrée sur l’impact carbone, la nouvelle norme RE2020 intensifiera cette ambition à partir du 1er janvier 2021.

D’après Aurore Labed « Nous (Vizcab) souhaitons d’abord renforcer notre présence sur le marché français, où la généralisation de la réglementation RE2020 à partir de 2021 va rendre nécessaire un pilotage carbone très précis sur les chantiers. Nous visons ensuite un développement international à moyen terme.”

Cette levée de fonds va permettre à Vizcab d’envisager un développement plus serein en Europe et à l’international. “Aujourd’hui notre technologie est mature. Nous rentrons maintenant dans la phase de commercialisation que nous souhaitons pouvoir accélérer grâce à cette levée de fonds”, conclue Aurore Labed.

Guillaume Lafont, fondateur de Vizcab et Diego Harari, directeur du développement durable et de l’innovation chez VINCI Immobilier, présenteront vendredi 19 juin les premières conclusions de l’expérimentation menées par les deux entreprises dans le cadre du programme CATALYST de Leonard. Inscriptions : https://leonard.vinci.com/evenements/cycle-catalyst-rencontrez-vizcab/

Qui sommes-nous ?

Pour relever le défi de la transformation des territoires et des modes de vie, le groupe VINCI a créé Leonard. Notre objectif ? Fédérer une communauté d'acteurs pour construire ensemble la ville de demain.