Rush Week : récit de 3 jours d’incubation intrapreneuriale intensive

Leonard, la plate-forme de prospective et d’innovation de VINCI, propose à tout collaborateur du groupe de développer un projet entrepreneurial. Pour cela, Leonard met à disposition un programme de coaching et ses ressources. Objectif : faire passer en quelques mois les projets sélectionnés de l’idée au business. En un an et demi, 32 projets de salariés du Groupe ont déjà été accompagnés dans le cadre du parcours. Et du 28 au 30 janvier 2019, Leonard réunissait pour la première fois la 3e promotion de projets incubés à Leonard:Paris, le lieu dédié à l’innovation créé par VINCI en plein Paris, dans le cadre de la “Rush Week”.

intra rushweek

La “Rush Week” est l’une des étapes clefs du parcours intrapreneurs de VINCI accompagné par Leonard : une semaine musclée pour l’ensemble des intrapreneurs accompagnés. La “Rush Week” est un fabuleux outil de mobilisation interne. Coaches, experts, mentors internes, patrons : des bonnes fées venues de tout le groupe VINCI se pressent autour des nouveaux projets. On retrouve parmi les mentors Chloé Clair, CTO de VINCI Construction ; Gaël Cailleaux, COO d’Entrepose Contracting ; Didier Thévenard, Directeur Matériel d’Eurovia ; Didier Deschanel, Directeur Transformation et Innovation d’Eurovia. Le parcours est aussi très ouvert sur l’extérieur, comme l’illustre la présence d’entrepreneurs et d’experts venus du monde de l’innovation, mentors externes : parmi eux, Jean-Baptiste Piacentino, Vice-Président de Qwant ; Florian Parrain, CEO de Concord ; Corinne Lejbowicz, Members of Directors du Groupe La Poste, et Alexandra Mosch, Vice-Présidente de l’EABA.

La “Rush Week”, c’est quoi ?

La Rush Week, c’est l’un des temps forts de la phase d’incubation, au cours de laquelle une intuition se concrétise en business model. Les 8 intrapreneurs sélectionnés  il y a 2 mois après avoir présenté leur jeune idée devant le comité de sélection du parcours Intrapreneurs, étaient impatient d’entrer dans le vif du sujet.

Lire notre article : Dans les coulisses du Comité de Sélection du Parcours Intrapreneurs

Les intrapreneurs sont invités à travailler sur leur proposition de valeur et leur posture entrepreneuriale. Pour cela, ils ont accès à des ateliers animés par des experts, pour leur enseigner l’art de l’activation de clients grâce au “Growth Hacking” ou l’élaboration d’un “business model ». Ils présentent ensuite leur projet à des experts internes et externes lors de sessions de “coworking” d’une trentaine de minutes. C’est le moment ou jamais d’oser mettre à nu son projet, avec ses forces et ses faiblesses, pour obtenir un maximum de retours. A la fin de la semaine, ils présentent leur « wrap-up pitch », enrichi des enseignements qu’ils auront tirés de cette semaine et des conseils obtenus.

rush week

Des premiers pas parfois difficiles

Pleins de l’enthousiasme des débuts, les intrapreneurs se confient cependant sur la difficulté de leurs premiers pas d’entrepreneurs. Tout en continuant à travailler sur leur poste au sein de leur unité du groupe VINCI, ils incarnent désormais une idée.

« Janvier a été un véritable ascenseur émotionnel : je me suis rendu compte que mon idée était irréaliste. Un jour, je rentrais chez moi un peu déprimé, un autre je me disais que j’allais tout déchirer. »

Matthieu Devilers, porteur du projet SAIFE

« Il y a une somme énorme de choses à intégrer et une intensité avec laquelle il faut apprendre à composer. Ca fait partie du processus de sélection naturelle de l’intrapreneur. Mais je suis là : j’ai embarqué et je ne descendrai qu’une fois arrivé ! »

Kheir-Edine Nasrallah, porteur du projet « Hébergement pour collaborateurs »

La Rush Week, si elle arrive très vite dans le développement de leur projet, agit pour eux comme un tremplin.

« On a l’occasion de rencontrer des personnes une à une, mais aussi de parler du projet à plusieurs personnes en même temps. Cette concentration d’experts dans des domaines extrêmement variés peut donner des choses très inattendues. »

Matthieu Devilers, porteur du projet SAIFE

Elle est l’occasion de remettre en perspective le projet, grâce au jeu collectif du partage des savoirs :

« Ce format nous challenge au quotidien. »

Christelle Bullio, porteuse du projet Build’In Social

Objectif : définir un business model

La phase d’observation ayant eu lieu  : les intrapreneurs doivent à présent définir leur business model. Pour cela, ils ont besoin de retours de la part d’un maximum d’acteurs : rien de mieux que la Rush Week pour obtenir des avis et de nouveaux contacts, internes ou externes au groupe.

« Aujourd’hui, j’ai besoin de discuter avec de grands groupes d’ingénierie pour comprendre leurs processus, puis de trouver des crash-tests pour tester mon projet. »

Alexandre Cousin, porteur du projet APPIA

Une fois le business model validé, il faudra passer au PoC : le “Proof of Concept”, version bêta de leur produit. Pour cela, challenge supplémentaire pour les intrapreneurs, il faudra convaincre les business units concernées de participer au financement d’un produit-test.

« Once we have a final solution and we know which technologies we can use, the idea is to develop a product. »

“Une fois que nous aurons une solution définitive et que nous saurons quelles technologies utiliser, l’idée sera de développer un produit.”

Dominic Walkling, porteur du projet Sustainability Mapper

« Ma prochaine étape sera de fiabiliser le prix de mon premier PoC pour pouvoir le comparer à ce qui se fait actuellement. »

Stéphane Jay, porteur du projet Livimeo

Certains projets, très transversaux, nécessiteront l’implication de plusieurs acteurs du groupe.

« En 2 mois d’incubation, j’ai vu au moins 60 personnes. Aujourd’hui, je peux proposer ma solution à 2 entités du groupe en espérant qu’elles me donnent leur aval pour la développer. J’aimerais aussi avoir l’accord des membres du Comex de VINCI Facilities. »

Christelle Bullio, porteuse du projet Build’In

Pour certains, il est encore temps de pivoter

Certaines idées de départ n’ont pas trouvé de client ou leur marché. Les intrapreneurs ont donc pivoté et doivent trouver une énergie nouvelle pour repartir à neuf.

“Mon défi aujourd’hui est de rester motivé, alors même que je me suis rendu compte que mon idée de départ était sur un marché trop concurrentiel.”

Dominic Walkling, porteur du projet Sustainability Mapper

Dans le cas de Marie Lebreton, le potentiel business de son projet initial s’est avéré trop faible.

« En faisant des recherches terrain pour comprendre les besoins des clients, je me suis rendue compte qu’il me fallait élargir le champ de mon projet. Je réfléchis aujourd’hui à un projet plus ambitieux. »

Marie Lebreton, porteuse du projet Solxata

Un retour d’expérience précieux

Des intrapreneurs issus des promotions précédentes sont venus présenter l’avancement de leurs projets au terme de la deuxième étape du parcours, la phase d’accélération. L’enjeu pour eux pendant cette période est de faire le point sur la viabilité de leur business model, avant de lancer leur activité.

Soutenus par leurs mentors, les intrapreneurs en sont à diverses phases d’avancement. Jérôme de Tomasi, porteur du projet WasteMarketPlace, est déjà présent sur 50 chantiers clients au sein de VINCI qui utilisent sa solution de digitalisation de la gestion des déchets, mais a besoin de fonds de lancement pour atteindre la masse critique d’activité qui lui permettra d’être rentable. Il se réjouit du chemin parcouru et de la transformation qu’il a vécue.

« Leonard est un formidable accélérateur, donnant accès à des ressources pluridisciplinaires. Le seul spécialiste de mon sujet, c’est moi, mais VINCI m’apporte tout ce qui va autour. Grâce au parcours, je suis passé de secrétaire général à développeur ! »

Jérôme de Tomasi, porteur du projet WasteMarketPlace

Maxime Varin, porteur du projet SunMind, travaille en lien avec VINCI Concessions et Omexom (VINCI Energies).  Son objectif est de remettre une offre finalisée à son premier client à la fin du premier semestre et de lever des fonds pour convaincre le groupe entier de son potentiel solaire.

« Je veux faire prendre conscience à VINCI de son potentiel solaire : je suis persuadé qu’on peut trouver de nouvelles solutions pour les énergies renouvelables. »

Maxime Varin, porteur du projet Sunmind

Melissa Demouth et Sébastien Gautier présentent leur projet Människa. Grâce à leur mentor Didier Thévenard, directeur Matériel d’Eurovia, ils ont trouvé des clients pour tester leur produit.

« Les mentors et les coaches internes aident les intrapreneurs à aller plus loin. Profitez-en, on est là pour vous aider ! Le groupe est très décentralisé mais chez Leonard, on arrive à mettre en commun nos efforts et un état d’esprit. »

Didier Thévenard, mentor du projet Människa

Des nouvelles de la promotion 2017

Les porteurs des projets de la promotion 2017, la première du parcours intrapreneurs, qui sont enfin devenus des business opérationnels, sont également présents : ils conseillent leurs cadets. Après une phase d’amorçage ayant eu lieu chez Leonard, certains développent de nouvelles offres et lignes de métiers au sein d’un pôle de  VINCI. La transversalité de leurs projets au sein du groupe, riche d’une multiplicité d’expertises, les rend redoutablement efficaces.

Karim Selouane a développé Résallience, le bureau d’études VINCI dédié à l’adaptation des infrastructures des villes et territoires au changement climatique intégré à Sixense, une filiale de VINCI construction. Ensemble, ils ont conclu des projets tant en interne qu’en externe au groupe VINCI, en France comme à l’international.

Alice Blouët a porté le projet Concreative dédié à l’impression 3D du béton avec la technologie XtreeE grâce au soutien de Khalil Doghri. Elle a passé le relais à une équipe après avoir rejoint l’équipe d’impression technique de Freyssinet et installé leur premier robot à impression 3D à Dubaï. Le carnet de commandes commence à se remplir.

Trust[in], le cabinet de recrutement digital du groupe VINCI, a été créé par Samir Bengelloun. Il génère déjà 150K€ de CA et compte doubler ce montant en 2019.

« Je travaille avec tous les pôles d’activité du groupe et espère recruter 3 membres d’équipe en plus en 2019 »

Samir Bengelloun, porteur du projet Trust[In]

Damien Bahon, porteur du projet REHALIB, a créé une nouvelle activité au sein de GTM Bâtiment. Sa prochaine étape ? Consolider son activité en une business unit, avec une équipe et un marché qui tourne. Il a déjà réalisé 40K€ de chiffre d’affaires et en vise 200 pour l’année à venir.

« Ici, un sponsor est aussi un investisseur. On se fixe des jalons ensemble puis, si on les tient, on passe tout de suite à la vitesse supérieure : c’est une vraie démarche entrepreneuriale qui continue avec Leonard. »

Damien Bahon, porteur du projet REHALIB

C’est résolument dans le partage que s’est déroulée cette première journée de “Rush Week”, dans les locaux pleins de vie de Leonard. Les incubés en ressortiront avec une énergie renouvelée, les accélérés avec de nouvelles idées pour le développement de leur projet et les anciens avec un carnet d’adresses encore plus fourni. Quant aux mentors et aux coaches, ils n’en seront que plus fiers de leurs jeunes pousses !