Start-up industrielles et intelligence artificielle : un duo gagnant ?

Après une décennie marquée par une prédominance des solutions logicielles, les start-up du secteur de la construction et des infrastructures prennent désormais des formes variées, pressées par l’urgence climatique et la dégradation du contexte géopolitique. Décryptage.

Un constat de portée mondiale

Nous passons 80% de notre temps dans un monde bâti qui nous sert de résidence, d’espace de travail et de loisir. 10% de notre temps se déroule également dans les transports motorisés, privés ou collectifs. Face au dérèglement climatique, la décarbonation des infrastructures dont nous avons besoin pour vivre, travailler et nous déplacer est un enjeu majeur pour l’avenir de nos sociétés. Cela passe par une électrification croissante et par l’apport de technologies de rupture.

Des start-up inspirées par la nécessité d’un changement total 

Les données du problème posé ont une vertu: elles unissent dans une même démarche des ingénieurs et des entrepreneurs qui veulent inventer une société décarbonée capable d’accompagner nos besoins et modes de vie de manière durable. Car la décarbonation profonde de l’économie ne pourra pas se faire uniquement grâce au numérique. Les processus industriels doivent aussi se remettre en cause et innover.

C’est dans ce cadre que de nouvelles start-up se proposent de concevoir, fabriquer et produire des matériaux, objets, outils ou robots susceptibles d’apporter des solutions concrètes. Nous avons besoin de béton bas carbone, aussi résistant que le traditionnel, mais qui réduise de 70% les émissions de CO2.

Nous avons besoin de matériaux qui combinent la robotique et l’IA pour inventer et produire des composants structurels légers, capables de remplacer une partie de l’acier, du béton ou de l’aluminium dans la construction et la mobilité, comme le propose Strong By Form, fabricant du bois augmenté. 

L’intérêt croissant des investisseurs

Parallèlement à l’émergence des solutions industrielles portées par les start-up, on assiste à un changement radical des fondamentaux de notre économie. La tertiarisation dans les pays développés et l’externalisation des outils productifs ont montré ses limites. 

Vouloir plus d’indépendance pour la production de nos matériaux et nos énergies est une aspiration légitime. Dans la période récente de l’avantCovid, le modèle d’approvisionnement des besoins matériels était dominé par le principe du «juste-à-temps».

Depuis la crise Covid, c’est la logique du «juste au cas où» qui s’impose, ce qui favorise la régionalisation de la production industrielle et du stockage. Sur le plan politique, la tendance est convergente: les enjeux de souveraineté nationaux, voire continentaux, deviennent majeurs, pour les médicaments comme pour l’énergie ou les matériaux. Le mouvement de fond qui est en train de se manifester est bien compris des investisseurs.  

Ils sont aujourd’hui très attentifs à ces innovations industrielles et orientent leurs fonds vers cette économie réelle qui produit des avancées tangibles pour la décarbonation, et qui a des rendements solides et durables, assez éloignés des licornes numériques de la décennie précédente. 

Pas moins de 40 fonds d’investissement ayant levé, sur les deux dernières années, 10 milliards d’euros à l’échelle mondiale ont ainsi été créés. En 2023, c’est l’InfraTech (intégration des technologies et des solutions numériques pour toutes les infrastructures), qui a nettement bénéficié de l’intérêt des investisseurs.

Au troisième trimestre 2024, les investissements s’équilibraient, dans un volume global trimestriel réduit à un peu plus de 2 milliards de dollars, entre ConTech, Building Tech et InfraTech (source: Builtworlds).

Un nouveau paradigme réjouissant pour l’industrie

Ainsi, la bataille du carbone atelle trouvé son champ. Ces start-up industrielles ouvrent une ère prometteuse, non seulement pour l’industrie, mais aussi, et surtout, pour la revitalisation de nos territoires.

Le nouveau paradigme qui allie technologie, intelligence artificielle, matérialité, agilité et flexibilité est un modèle puissant de transformation économique. Autant de facteurs qui peuvent et doivent attirer un nombre croissant de cerveaux pour une industrie qui prendra sa part dans l’atteinte de l’objectif de neutralité carbone à horizon 2050.

 

DÉCOUVREZ NOTRE SÉLECTION DE START-UP !

30 start-up à suivre en 2025

Cet article est issu de notre Yearbook 2025 : « Façonner les solutions ».  

Lire le yearbook 2025 : « Façonner les solutions »

Yearbook 2025 - 960px 540px

Crédit Image :  Peshkova Getty Image Pro

Partager l'article sur