Le jeu vidéo, source d’innovation pour la ville ?

Les villes imaginaires des jeux vidéo pourraient-elles inspirer les réflexions sur la ville future ?

Après avoir donné la parole à Raphaël Lacoste, directeur artistique de l’emblématique série Assassin’s Creed d’Ubisoft pendant le festival Building Beyond, Leonard publie aujourd’hui une étude exclusive sur les imaginaires urbains dans le jeu, dirigée par Nicolas Minvielle, professeur à Audencia 

Nicolas Minvielle et l’anthropologue Olivier Wathelet ont présenté les conclusions de leurs recherches le 12 novembre à Leonard:ParisNous vous invitons à pouvez consulter l’étude intégrale ici :  

 

Ville représentée, ville jouée, ville simulée

Lorsqu’elle est employée comme simple décor de l’action, la ville de pixels présente un visage plutôt conformiste, celui d’un lieu de transit, de commerce ou de repos dans une quête. Loin de rêver la ville, le célèbre monde ouvert de GTA s’applique à ne reproduire que l’aspect le plus paroxystique de Los Angeles : des kilomètres d’asphalte à arpenter sans fin en voiture.

Les mondes ouverts sont cependant aussi une invitation à un usage déviant du jeu : la balade ! Le collectif 8 Bits Bastards produit ainsi de véritables documentaires à la découverte des « maps » et de leurs habitants.


GTA San Andrea, pour le plaisir de conduire

Un œil sur la carte

Souvent mise en avant par les acteurs du jeu vidéo, la cartographie se base quant à elle sur deux grandes représentations : d’un côté le « on screen radar » qui se rajoute en couche sur l’écran de jeu, de l’autre le « pause menu » qui nous pousse à sortir du jeu pour afficher une cartographie complète et proposer des alternatives à l’axe narratif principal. Dans le dernier Watch Dogs, le joueur peut employer un drone pour établir sa propre cartographie de la ville.

Dans le jeu, la carte rappelle ainsi les usages de la cartographie en ville : le joueur, qui doit à la carte de voir au-delà des murs et des pâtés de maison y fait appel aussi souvent que le citadin Google Maps. Mais le jeu inspire aussi les usages du numérique en ville. Ainsi, dans de nombreux jeux, la mobilité est guidée, et le joueur encouragé à poursuivre sa quête en croquant des récompenses trouvées sur sa route. On retrouve cette mécanique de jeu dès les premières versions de Waze, quand l’application récompense d’un bonbon virtuel les utilisateurs les plus constants.

spiderman

Spiderman

Le jeu vidéo à l’épreuve du changement climatique

Lorsque le jeu représente la ville future, il oppose fréquemment un environnement urbain post-apocalyptique à un modèle lisse et futuriste qui rappelle les rêves de smart city. De plus en plus fréquemment, les jeux s’émaillent d’allusions à la transition écologique. Le moteur de jeu de la dernière version du célèbre Civilization limite les ressources disponibles et pénalise les joueurs dont les mondes croissent trop vite.

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