De quels métiers les villes et les territoires de demain seront-ils faits ?

Builders 4.0, fermiers verticaux, acteurs du circulaire, coaches de survie, défricheurs de biodiversité, designers des mobilités, architectes du code de la route… Certains experts estiment que 85% des emplois de 2030 n’existent pas encore. Nos villes, en particulier, font face à un besoin urgent de réinvention et de renouvellement. Confrontées à de nouveaux enjeux environnementaux, sociaux et technologiques, elles ont entamé une nouvelle transformation de la magnitude de celle qui vit les métropoles consolider leur suprématie économique et politique au cours du XXe siècle.
Du 21 septembre au 2 octobre 2020, nous vous proposons d'entreprendre une expédition « en terre d’après ».

Building Beyond - Programme et inscriptions
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« De quoi avons-nous vraiment besoin ? » C’est la question que pose le sociologue Razmig Keucheyan dans son ouvrage Les besoins artificiels. Il y montre que les besoins sont des constructions historiques, changeant au gré des enjeux de l’époque. Si le travail est là pour satisfaire nos besoins, les métiers – c’est-à-dire la spécialisation du travail – sont de facto en constante évolution, eux aussi : il y a 20 ans, pas encore de BIM manager ou de concepteurs d’intelligences artificielles au service du bâtiment. Dans autant d’années, quel avenir pour les architectes, les compagnons, les conducteurs d’engins… ? À chaque transition, de nouveaux besoins et de nouveaux métiers.

Et la question est d’une actualité brûlante : nous sommes au carrefour de plusieurs transitions (numérique, énergétique, écologique) et de plusieurs crises (sanitaire, sociale, démocratique). Partout, de nouveaux besoins émergent, appelant les acteurs de la ville et des territoires à se réinventer. En créant ici de nouveaux métiers, en hybridant là les compétences.

À travers le festival Building Beyond, ce sont ces futurs en germe que Leonard vous invite à explorer cette année. Sous l’angle social, d’abord : la crise sanitaire a mis sur le devant de la scène les « invisibles », les travailleurs des premières lignes, ceux qui font que la ville et les infrastructures du quotidien continuent de tourner. Sur le plan environnemental, ensuite: la transition écologique des activités des territoires et leurs adaptations au changement climatique drainent  une cohorte de compétences et de métiers nouveaux. Sous l’angle de la transition numérique, enfin : elle transforme les métiers autant que les manières de vivre les villes et les territoires, et remanie les organigrammes autant que les chaînes de valeur.

Faire ville commune

La ville s’est affirmée comme le lieu des possibles pour la connaissance, les échanges commerciaux et culturels et les avancées techno-scientifiques, avec ses promesses d’une vie meilleure, plus riche, plus intéressante. La donne est-elle en passe de changer aujourd’hui ? Faut-il croire à un renversement du destin des cités ? Le petit exode urbain observé pendant le confinement pose la question de la possibilité même de vivre en ville en période de crise. La dynamique foncière a fait quitter les centres à de nombreux urbains, au point que l’on s’inquiète désormais de voir les zones les plus denses transformés en « villes-musées » abandonnées aux touristes. Les luttes politiques s’importent en centre-ville : la création d’une zone autonome à Capitol Hill, en plein cœur de Seattle, rappelle l’occupation parisienne de la Place du Châtelet par Extinction Rebellion en 2019, et les activistes pro-démocratie de Hong Kong résistent en utilisant ce qui fait la ville même, la brique. Alors, la ville rencontre-t-elle une crise du vivre ensemble ?

Pour y faire face, les villes se dotent de modalités de gouvernance et de métiers inédits, afin d’à nouveau tenter de faire « ville commune ». Building Beyond se rendra au chevet de la ville souffrante (23 septembre, 12h30) et des nouveaux moyens de mettre les urbains à l’abri des périls sanitaires. Nous examinerons quelles solutions la ville porte en son sein pour faire face aux épidémies (28 septembre, 12h30). Comment la ville peut-elle préserver une place pour tous et toutes ? Nous questionnerons l’emploi inclusif, puissant levier de performance pour l’entreprise (29 septembre, 9h).

La gouvernance urbaine se modifie et s’actualise au service de ces nouveaux enjeux. Nous questionnerons le rôle des élus : quelles seront les responsabilités des nouveaux adjoints aux maires des villes de 2030 ? (25 septembre, 18h30). La résolution de la crise sociale, du logement et des opportunités économiques leur incombe. Mais ces nouveaux adjoints auront bien plus à leur charge. Plus que jamais, les décideurs, qu’ils soient à la tête des villes ou aux manettes des entreprises qui contribuent à la fabrique de l’urbain, ont besoin des experts pour éclairer leur action. Nous interrogerons donc la place pour l’expert dans la ville (24 septembre, 18h30).

La Terre, de ressource à partie prenante

Feux en Australie, montée des eaux à Rotterdam, pollution industrielle en Sibérie : les signaux d’alerte se multiplient et mettent au défi une transition environnementale et énergétique que les responsables scientifiques et politiques, les citoyens et même les chefs d’entreprise appellent de leurs vœux avec de plus en plus d’insistance.

Nous voilà donc embarqués dans l’anthropocène, un nouvel âge qui – succédant à l’holocène – désigne l’activité humaine comme une force géologique capable de modifier durablement l’écosystème-Terre. Il s’agit désormais d’ « atterrir », pour reprendre l’expression de Bruno Latour. Finie la représentation d’une humanité hors sol : les villes et les territoires sont en train d’apprendre à « composter (sic) avec les autres espèces », comme le dit la philosophe Donna Haraway. Plusieurs concepts, un même enjeu : réinscrire les activités humaines (technologiques, industrielles, économiques) dans les écosystèmes naturels.

Pour la ville et les territoires, cette révolution copernicienne engendre une redéfinition des contours de nombreux métiers et requiert un certain nombre d’adaptations infrastructurelles. Pour faire advenir la ville zéro carbone, pas d’impasse possible sur un défi de taille :  décarboner les mobilités (21 septembre, 12h30). Ensuite, pour faire face aux crises à venir, nous vous inviterons à arpenter autrement un quartier de Paris à l’occasion d’une « marche de la résilience », afin de découvrir les adaptations en cours d’une ville à l’épreuve des chocs (25 septembre, 12h30). Enfin, si la modernité est définie par le philosophe Hartmut Rosa comme un moment d’accélération, où le temps s’est émancipé et a anéanti l’espace, certaines adaptations toucheront à notre conception spatio-temporelle de la ville : la ville durable est-elle une ville qui dure ? (2 octobre, 17h30).

Les villes peut-elle se transformer en sorte de contribuer à leur autonomie alimentaire ? Rencontrez avec nous les paysans des villes et fermiers verticaux (21 septembre, 17h30) et Rob Hopkins, fondateur du réseau des Villes en transition (21 septembre, 19h30).

Enfin, pour concevoir des villes et des infrastructures « plus qu’humaines », qui prennent en compte nativement les besoins des êtres vivants non-humains et qui ancrent les activités humaines dans leurs écosystèmes, nous vous invitons à rencontrer et débattre avec les défricheurs de la biodiversité en ville (22 septembre, 12h30).

Le numérique travaille les territoires

Mise au service des nouveaux besoins socio-environnementaux, la transition numérique promet de modifier radicalement les métiers de la ville. Désormais, « réduire, c’est gagner » : nous rencontrerons les nouveaux professionnels de la performance énergétique (1er octobre, 12h30). Frugalité et optimisation : voilà les maîtres-mots de la Construction Tech, outil de la maîtrise de l’empreinte carbone des projets urbains (Builders 4.0, à vos marques ! 1er octobre, 18h30), et des experts des mobilités et de la logistique urbaine : vous avez rendez-vous avec les conquérants du dernier kilomètre (23 septembre, 8h30)

Parler de transformation numérique à l’échelle de la ville, c’est aussi observer la manière dont cette dernière se conjugue en données. Des grandes plateformes numériques aux opérateurs téléphoniques, en passant par les constructeurs automobiles et les fournisseurs d’énergie, la production de données est pléthorique. Les villes disposent désormais de leur double numérique, dont la modélisation concerne de nombreux métiers : du data scientist à l’architecte, comment se construit une ville de données ? (2 octobre, 8h30). Nous irons au plus près de ces nouvelles collaborations destinées à fabriquer la ville de demain.

Enfin, pour faire évoluer la ville, il faut d’abord apprendre à la connaître. Pour ce faire, le citadin, enrichi de son smartphone, alimente, parfois sans même s’en apercevoir, la base de données urbaines. Alors, demain, toutes et tous capteurs ? (1er octobre, 9h). Nous documenterons les enjeux éthiques et technologiques de la question. Les usages de la voiture autonome restent à définir : nous vous invitons à réfléchir avec nous à ce chaînon manquant du trajet domicile-travail (23 septembre, 18h30).

À vos agendas !

De profondes transformations sociales, environnementales et technologiques affectent la ville et les territoires de demain. Pour les bâtir et inventer les métiers qui les feront advenir, rendez-vous du 21 septembre au 2 octobre 2020 à Leonard:Paris et en ligne pour la troisième édition du festival Building Beyond !

Qui sommes-nous ?

Pour relever le défi de la transformation des territoires et des modes de vie, le groupe VINCI a créé Leonard. Notre objectif ? Fédérer une communauté d'acteurs pour construire ensemble la ville de demain.