Réalité augmentée, aide à la conduite, téléopération : le réveil des machines

Autonomie, téléopération et assistance à la conduite : les engins de chantier se réinventent plus performants, sûrs et connectés.

Lorsqu’on évoque l’avenir des véhicules, quels qu’ils soient, un sujet revient en boucle : l’autonomie. La construction et les travaux publics ne sont pas épargnés par le phénomène et la majorité des constructeurs planchent sur le sujet. Or, et malgré des progrès rapides, l’autonomie complète des engins de chantier reste une perspective relativement lointaine. Heureusement, l’innovation ne s’arrête pas à cette ligne d’horizon et les avancées se multiplient dans les domaines de la téléopération, de l’assistance à la conduite, ou de l’autonomie partielle.

En attendant l’autonomie

Le premier camion autonome utilisé en conditions réelles – conçu par Volvo – va entrer en service dans la mine de Brønnøy Kalk en Norvège. Est-ce la promesse d’une généralisation rapide de la technologie ? Pas exactement, nous explique Didier Thevenard, Directeur matériel à Eurovia. « Les mines sont des environnements propices. Il s’agit de cycles sur des pistes connues, c’est du guidage dans l’espace plus que de la véritable autonomie. Dans les zones de chantier denses, le niveau d’interactivité est très fort. Dans les milieux ouverts, il n’y a pas de répétitivité et nous ne sommes pas prêts à y libérer des véhicules autonomes. » Les effets d’annonce des constructeurs doivent donc être pris avec la même prudence que dans le domaine de l’autonomie “grand public”.

Pour autant, les technologies embarquées transforment en profondeur la manière d’utiliser les engins de chantier. Les capteurs se multiplient et permettent de développer des systèmes d’aide à la conduite performants. Lors du dernier salon BAUMA, l’Université technique de Munich a été récompensée pour un système d’aide à la conduite à base de réalité augmentée, d’hologrammes ou de maquettes virtuelles, propres à limiter les erreurs et augmenter la performance des opérateurs. La virtualisation du poste de pilotage ouvre également de nouvelles perspectives. « La machine devient un drône », explique Didier Thevenard. Le pilotage à distance d’engins de chantier laisse imaginer toute une gamme de nouveaux usages. Les opérateurs pourront prendre en main plusieurs engins alors que les déplacements de machines et d’hommes devraient être limités. « Le seul bémol aujourd’hui concerne la qualité de la commande, il faut un réseau de communication d’une extrême fiabilité », précise Didier Thevenard. Une fragilité que les constructeurs tentent déjà de contourner, à l’image de Doosan, fabricant coréen associé à LG pour valoriser au maximum la puissance de la 5G pour la téléopération.

Confort, sécurité et efficacité : faciliter la vie des opérateurs

Si l’apport des nouvelles technologies de conduite influence la performance générale des engins de chantier, le principal bénéficiaire reste l’opérateur. « Aujourd’hui, les opérateurs sont au coeur du dispositif », explique Didier Thevenard. Le gain majeur concerne la sécurité. Mieux alertés et épaulés par des batteries de capteurs, ils sont en mesure de limiter largement le nombre d’accidents. De la même manière, la téléopération permet de limiter la prise de risque, en particulier dans les chantiers de démolition.

Le rôle des opérateurs est également transformé. « Ils sont de plus en plus dans une posture de supervision et moins de conduite », résume Didier Thevenard. Libéré de certaines tâches de pilotage, l’agent peut se concentrer sur l’efficacité de son travail. De la même manière, l’opérateur libéré de son cockpit peut être situé au plus proche de l’ouvrage !